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IMMO | 350 ou 500 000 logements : chaque année en France, quels sont les besoins en constructions nouvelles ?

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Le débat : 350 ou 500 000 logements ?

500 000 logements par an : ce chiffre habite – sinon hante, depuis bientôt vingt ans – tous les débats en France sur les besoins en constructions nouvelles, ainsi que les discours sur le déficit chronique de production, cause supposée à la situation de crise actuelle sur les prix et la demande. L’USH elle-même a livré une évaluation (largement surestimée) à 518 000 logements par an.

L’équation est, de fait, plus complexe. De nombreuses études ont montré, depuis quelques années, une réduction du besoin à 350 voire 400 000 logements par an.

 

Comment expliquer ce chiffre ?

Notre étude ESPI sur le sujet, en cours de livraison, explique ce chiffre avant tout par le tarissement du croît naturel en France. Et même si l’on constate une résistance des flux migratoires, l’essentiel de la croissance est désormais expliquée par le desserrement des ménages.

Le marché des résidences secondaires se tasse également quelque peu à l’horizon 2030, tout comme la vacance – surtout du fait d’un ralentissement des transactions, plutôt que par l’effet des politiques publiques de résorption des logements vides.

Il est certes utile d’intégrer aussi la lutte contre le mal-logement – mais sous quels délais ? Une telle décision est d’abord politique, tant cette question échappe pour beaucoup à la modélisation des besoins solvables. Le rapport Rebsamen parle ainsi d’un effort maîtrisable de 30 000 logements par an, là où l’USH décrète 122 000 logements par an, pour raccourcir le délai acceptable de traitement de cet impératif moral – sachant que d’autres études ignorent purement et simplement ce besoin.

En revanche, l’accroissement du parc reste présent sur l’essentiel du territoire, y compris dans les zones rurales, avec la confirmation de la bascule des ménages d’ici 2030 vers les littoraux de l’Ouest, les frontières orientales, le Sud-Ouest, l’axe rhodanien et la Corse (notre carte).

 

Samuel DEPRAZ, Directeur de la Recherche